Articles

Le royaume

Image
                Parfois, j'ose imaginer que tu me lis Loin dans le temps, plus loin encore que ma vie Je voudrais te raconter tout l'instant présent L'insondable magie et l'enchantement Où dans le vide du cachot sombre et humide Assis sur mon matelas de mousse livide Je crayonne. Mais cet instant de silence aigu Porté par le doux fluide des secondes nues T'est défendu, quelle injustice que le temps Où s'est perdu l'amour par quelques mots savants Je m'amuse à jouer cependant de cette chimère Et dire comme pour me diluer dans l'air Pour ainsi te rejoindre par delà le vent Des atomes dans l'immense bouillonnement Il est là, le mur, ô toi, parmi ces vestiges De tendresse abandonnée au froid du litige Le royaume possède la vertu des nues Ouvert à quiconque se grandit de l'absolu À quiconque se nourrit d'un amour sans faille Il n'est plus alors, ni muraille, ni soupirail Jean-Luc Levesque Décembre 1989

Le temps

Image
Copyright DR C'est mon esprit, je le sens Qui est parti bien seul croyant Pouvoir tout éclairer cependant Que là, mon corps, resterait gentiment À attendre les clefs du dénouement Que n'ai-je failli oublier le temps  Ah folie, tu me tiens, c'est flagrant Dans tes mains magnifiques s'ouvrant Au long tourbillon des spirales de l'instant  Qui sitôt m'avalent, me régurgitent devant L'espace pesant et fuyant Que n'ai-je failli oublier le temps  C'est mon esprit, je pressens Qui s'est abruti en pensant Pouvoir immobiliser l'instant pendant Que la vie m'observerait en souriant Gambader dans les champs Jean-Luc Levesque Août 1989

L'oiseau près du ruisseau

Image
©DR Un oiseau sur une branche      Chante à tue-tête et s'évente Une tanche près d'un roseau Guette la pluie et patiente               un nuage passant cache Tantôt              un plumage bruissant fâche Près d'une tanche un roseau Penche nu-tête et enchante Sur une branche un oiseau Qui fête la vie, s'en épanche Jean-Luc Levesque 18/09/1989

Apocaplypse

Image
Atoll de Bikini, 1946   L'oeuf vérolé Sous la bombe étronique De la multitude milliardée Où les ventres grouillent Les ongles fouillent L'écorce ratatinée D'ondes dermographiques Meurt d'eaux asidaminées L'amazoniaque décrépitude ! Money for everyting : Les chiens chient gras Les os craquent et chantent : "Boursicoti, boursicotas " L'espasmathique soufle De souffre s'essoufle L'atmosphère agonise Ozoneuthanasiée L'instantanique turpitude ! Horla ! Ventres creux L'assiette est vide La croupe est pleine Horla ! Ongles envieux De miettes arides Là, les vers haleine Fétides de peine Le champignon phallusinogène ! Horla ! Les peureux, les gueux Horla ! Trop nombreux... Jean-Luc Levesque Janvier 1990

Tristesse

Image
©DR   C'est marrant avec le vent Du temps aux profonds sillons De notre peau s'étiolant Nos mines se font l'écho rond Des grimaces paravents Le visage s'est fait muet De tous les rires éteints Il grave malgré le guet Des yeux les espoirs défunts Et les misérables sonnets Au coin des bouches sans mots Qui ont tant chanté... à moins Qu'elles n'aient simplement trop Aimé ces corps vibrant au loin La folle chimère que l'égo ! C'est marrant avec le temps Son décompte, son crédit On est souvent seul dans l'instant A se mentir de nos oublis Pire, à oublier qu'on se ment Jean-Luc Levesque 18/09/1989